Un train peut en cacher un autre

Transmongolien| Du 21 au 23 mai

Première frontière traversée sur les rails, et premier train

Habituées à lever le pouce pour avancer, nous profitons de tous ces kilomètres parcourus sans effort. Le passage de la frontière est facile, les passeports sont même tamponnés dans nos cabines. Cela change des files d’attente et du stop en noman’s land !

Pendant le trajet, une rumeur court : le dernier wagon abriterait des prisonniers criminels en transfert, ce qui effraie notre voisine de cabine.

Autour du lac Baïkal | Du 23 au 30 mai

Avec la participation exceptionnelle d’Eliott.

Avis de recherche

Après le Transmongolien, on rejoint à Irkoutsk notre ami Eliott spécialement venu de France. On le retrouve sans sac, car ses affaires ont loupé le transfert à Moscou et sont parties en Chine. Heureusement le sac est récupéré le lendemain, avec un curieux petit cygne en porcelaine glissé dans une poche. Eliott a bien failli abandonner le cygne, de crainte qu’il contienne de la drogue.

Une nuit bien courte

La veille, nous campons à Irkoutsk face à la rivière Angara, à trois dans la tente, sur un terrain en pente.



Cap sur le Baïkal

Le sac récupéré, nous filons vers le lac Baïkal. Après deux jours de stop, nous découvrons les eaux cristallines du lac, et embarquons à bord d’un ferry pour gagner l’île d’Olkhon. 
 
Nous passons une petite semaine sur l’île, entre bivouacs, randonnées et baignades. Les paysages sont grandioses.

L’eau si pure qu’on la boit et qu’on s’y baigne (mais du coup, elle n’est plus si pure).


Un apprenti chaman

Tout à côté du village de Khuzhir se dressent des édifices chamaniques. Eliott, très sensible aux vibrations du lieu, peut maintenant parler aux animaux, et surtout aux chiens errants.

Multitâche

Sur un chemin, nous faisons la rencontre de Bulat, un insulaire aux multiples facettes, qui nous invite à prendre le thé chez lui. Petit-fils d’un éminent chercheur, professeur de mathématiques, d’économie et de chimie à l’Université de Kazan, charpentier-ébéniste, consultant en informatique, Bulat partage aujourd’hui sa vie entre Kazan et sa petite maison perdue dans les bois sur Olkhon. 

« Il est pas frais mon poisson ! »

Entre deux bivouacs, nous nous ravitaillons en ville et en profitons pour goûter le poisson local, qui aurait peut-être été meilleur un peu plus frais. Mais la bière fait passer le goût.

 

Soirée à la polonaise

De retour à Khuzhir, nous rencontrons Tomac, un jeune Polonais aux airs de Legolas, qui nous invite à passer la soirée avec lui et ses 3 amis sur la plage autour d’un feu. La soirée est arrosée à la vodka et au kvas, une boisson locale au blé fermenté. Nos chemins se séparent le lendemain, car nos quatre Polonais s’apprêtent à randonner une semaine sur l’île.

Soirée film d’horreur

Pour notre dernière soirée sur les rives du lac, Maëlle nous raconte tous ses films préférés (La colline a des yeux, La maison de cire, The Grudge, etc.). Eliott, l’imagination échauffée, croit voir Bulat derrière chaque rocher, une hache à la main. Il refuse de dormir seul, et nous tirons à la courte paille pour savoir laquelle de nous deux aura la chance de le rassurer sous sa tente. Sacré Eliott !

Trois suspects dans la ville

De retour vers Irkoutsk, nous faisons un arrêt à Bayanday pour chercher un café, hélas inexistant dans cette petite bourgade. En revanche, la police est bien présente, et nous contrôle à deux reprises, à quelques minutes d’intervalle. 

Transsibérien| Du 30 mai au 3 juin

C’est avec notre inséparable Eliott que nous montons dans le train, chargés de vivres pour 4 jours entiers. 


Perdre le fil du temps

Le Transsibérien, entre Irkoutsk et Moscou, couvre plus de 5000km et 5 fuseaux horaires. À bord, personne ne sait quelle heure il est, certains vivent à l’heure locale, d’autres à l’heure de Moscou. Pour ne pas avoir à débattre sur l’heure des repas, une solution : manger en continu.

Attention aux oreilles !

Les toilettes sont propres mais bruyantes. L’appel d’air qui sert de chasse d’eau manque de nous perçer le tympan. Du coup certains décident de ne pas tirer la chasse…

Session shopping

Le train suit un programme millimétré définissant chaque arrêt et sa durée. Lorsque les arrêts excèdent 5 minutes, tous les passagers s’empressent de quitter le​ wagon pour prendre l’air. On peut alors acheter tout et n’importe quoi sur le quai, des chapkas, des porte-clefs souvenirs ou des poissons séchés.

Et même parfois des locomotives.

Dans notre wagon, il y a…

Nous dormons en 3e classe (Platzkart) et partageons le wagon-lit avec 53 autres Russes en pyjama et en chaussons.

Cette promiscuité facilite beaucoup les rencontres :

– Rinat, sur la couchette voisine, vit à contre-courant et fait le Ramadan. Il dort et prie tout le jour, et rompt le jeûne la nuit tombée. Très attentif, il n’oubliera jamais de nous souhaiter bonne nuit et bon appétit.

– Olga et Sophia, deux retraitées, partagent aussi notre compartiment. Elles se lancent dans des débats très sonores de 6h à 7h du matin, puis se taisent jusqu’à 19h, lorsqu’elles se couchent.

– Iana, une jeune étudiante, joue aux cartes avec nous et apprend à Eliott des rudiments de russe. 

– Garsh, un Américain venu d’Alaska, est ébéniste aux États-Unis. Il voyage en train de la Mongolie à la Bulgarie.

– Anna, une docteure spécialisée en médecine alternative, nous fait découvrir un instrument étonnant dont nous avons oublié de noter le nom. Avis aux lecteurs musiciens !

– Un homme en tee-shirt jaune, dont on ne connaîtra jamais le prénom. Il se rend toutes les 15 minutes au samovar pour remplir sa tasse d’eau chaude.

– Une bande de marins en service militaire, dont l’un ressemble à un évadé de prison. Nous apprendrons plus tard que le Transsibérien est très populaire parmi les militaires, car la durée du trajet n’est pas comptabilisée dans leurs jours de congés. Cela permet donc d’allonger leurs vacances.

Super Nanny !

La provodnitsa, responsable de wagon, veille sur tout ce petit monde. Elle retient chaque visage et connait les arrêts de chacun. Un jour, alors que Maëlle tarde à rentrer après un arrêt en gare, la provodnitsa remarque aussitôt son absence et demande des nouvelles à Alix et Eliott.

Arrivée à Moscou

Nous arrivons dans capitale à 4 heures du matin, il fait déjà grand jour et nous croisons les fêtards qui sortent de boîte. Eliott nous quitte le soir même, car il prend un vol pour partir en Inde. Merci d’être venu Eliott !

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2, 3 puis 4 petits Gaulois en Mongolie

Mongolie | Du 28 avril au 22 mai

Avec la participation exceptionnelle de Maxime et Clément, qui nous rejoignent chacun leur tour pour traverser avec nous la Mongolie.

Des gratte-ciels aux yourtes

Nous quittons les régions urbanisées de la Chine pour le désert de Gobi, balayées par les vents. Laissant derrière nous les autoroutes chinoises bien bitumées, nous levons maintenant le pouce sur des routes cabossées et des pistes mal tracées.

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De Paris à Oulan-Bator
Avec émotion, nous avons enfin atteint Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie, et dernière étape de notre itinéraire en autostop en Asie avant le Transsibérien. L’occasion d’une petite ascension pour se dégourdir les jambes.

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Sam, c’est celui qui ne boit pas
Après le passage de la frontière, notre deuxième chauffeur est rond comme un ballon. Il ne sait pas où aller, et conduit sa voiture au hasard des pistes. C’est un petit avant-goût de la Mongolie, où la vodka coule à flot.

En ce qui nous concerne, nous avons préféré nous en tenir à la bière – locale, tout de même.

Dans les prairies de Terelj
Nous quittons le désert de Gobi et retrouvons un peu de verdure dans le parc national Gorkhi Terelj. Après la traversée un peu périlleuse d’une rivière, nous bivouaquons face aux steppes.

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Le soir, nous faisons un feu de bois, le premier d’une grande série en Mongolie.

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Quelle heure est-il madame Persil ?
Pendant cinq jours, nous vivons avec une heure de décalage sur l’horaire du pays, ce qui entraine quelques malentendus. Nous restons par exemple une heure à attendre l’ouverture d’un supermarché, pensant que les employés ne sont pas très ponctuels. Nous remettons heureusement les pendules à l’heure avant de retrouver notre hôte à Oulan-Bator.

L’accueil de Christopher
En effet, nous sommes très généreusement accueillies par Christopher, un Belge expatrié depuis douze ans dans la capitale mongole. Christopher connait la Mongolie comme sa poche, et nous apprendrons beaucoup sur l’histoire mongole grâce à lui.

Mongolie, « le pays du ciel bleu » : info ou intox ?
Plusieurs jours de suite, nous avons été surprises par des vents violents, évoluant parfois en tempêtes de neige ou de sable.

Nous avons d’ailleurs dû faire demi-tour près de Karakorum, l’ancienne capitale mongole, du fait de trop grosses bourrasques de neige. Nous avons quand même le temps d’apprécier la vue sur les toits colorés de la ville.

Nous piquons ensuite vers le Sud où le climat s’annonce plus clément.

Une rencontre scepienne
À Arvaikheer, une ville dans le désert hors des sentiers touristiques, nous croisons par hasard la route d’Aurélien et Cyprien, deux étudiants de notre promo à l’ESCP. Avec un ami, ils sillonnent la Mongolie à moto.

Hélas, nos routes divergent, mais nous aurons le plaisir de nous retrouver sur les bancs de notre école l’an prochain.

Rencontre chamonique
À défaut de voir les fameuses dunes du désert de Gobi, inatteignables en stop, nous nous rendons à Mongol Els, leur version miniature. Séduits par la vue, nous plantons la tente avec Maxime sur une grande dune.

Malheureusement, une tempête de sable nous en déloge au beau milieu de la nuit. Nous nous résignons à changer d’emplacement à 4 heures du matin.

Le lendemain, nous croisons la route d’un chameau gros et beau comme un camion.

Ça plane pour nous

Pour accueillir Clément qui arrive le lendemain à l’aube, nous décidons de passer la nuit à l’aéroport de Chinggins Khan. Courte nuit pour certains, tandis que Maëlle dort du sommeil du juste et s’éveille fraîche comme un gardon juste avant l’atterrissage de Clément.

C’est aussi à l’aéroport que nous croisons une star mongole de l’alpinisme, qui insiste pour prendre une photo avec Maxime.

Houille ça tache !

Départ en fanfare tous les quatre. Nous choisissons de suivre une route qui s’avère être en fait une piste. Peu de voitures empruntent cet itinéraire et nous sautons sur l’occasion et dans le premier camion qui passe. Petit revers de fortune, le camion est chargé de houille et après deux heures de route, nous avons l’air de mineurs échappés de la mine.

Des chauffeurs atypiques

Sur la route, nous croisons Asto, un consultant informatique au passe-temps étonnant. En effet, pendant ses congés, il traverse les steppes à la recherche de gens à secourir et d’animaux à nourrir. Lorsqu’il nous voit, Asko s’empresse de nous prendre tous les quatre dans sa voiture et nous offre une tournée de vodka.

Une autre fois, nous sommes conduits par un moine bouddhiste d’une grande bienveillance. 

Un chauffeur croisé

Enfin, à Zaamar, entre deux pistes, un chauffeur accepte de nous prendre après nous avoir soumis à un questionnaire bien particulier : « êtes-vous chrétien ? » est la première question posée. Ce n’est que lorsque nous lui répondons oui qu’il accepte de nous embarquer avec lui.

On se prend des gros vents sur les pick-up

De nombreux chauffeurs acceptent de nous prendre à l’arrière de leur pick-up, ce qui nous permet d’admirer les paysages sous la brise et la poussière.

Dégustation de vin fromages dans un cadre authentique

Pour notre plus grand plaisir, Maxime et Clément nous régalent chacun avec de bons vin et fromages tout droit venus de France.

Nous apprécions d’autant plus ces produits bien de chez nous que nos repas mongols se résument à un plat : le Tsuivan.

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Les autres mets sont plus difficiles à apprécier pour nos palais, à l’image du Suutei Tsai, thé au lait dans lequel flotte du gras de mouton.

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Après la tente, la yourte

Malgré l’immensité du pays, les Mongols ne sont que 3 millions, dont près d’un tiers vivent dans les yourtes.

Ces habitations, très faciles à monter et à démonter, sont tout à fait adaptées au mode de vie nomade des Mongols. Nous avons pu voir ces yourtes de près, car les Mongols nous ont invités chez eux à plusieurs reprises.

La première fois, à Saynshand (Gobi), c’est une famille qui nous reçoit sur son terrain, où nous plantons la tente. Amalgabat, le père de famille, nous fait visiter sa ville et nous emmène voir le coucher de soleil avec ses deux enfants.

Ensuite, nous sommes reçues avec Maxime par un couple et leur fils à  Nariinteel. Nous assistons alors à la tonte des moutons, pendant laquelle Maxime démontre ses talents de tondeuse.

Pour sa part, Alix hésite longtemps à adopter une petite chèvre pendant le voyage. « C’est beaucoup mieux qu’un bébé ».

Une autre fois, nous sommes invitées à improviser un concert dans une yourte, en échange d’une course. Maxime enflamme la yourte à la guitare et au son de sa voix, pour le plus grand bonheur de nos hôtes, devenus fans de Joe Dassin.

Nous nous produirons aussi en concert pour des policiers croisés sur la route.

De temps en temps, ce sont les Mongols eux-memes qui s’essaient a la guitare.

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Enfin, deux de nos chauffeurs nous invitent à déjeuner chez eux, pendant que Clément vend des cigarettes à une fillette de deux ans.

Les hommes qui murmuraient à l’oreille des chevaux
Avec nos deux nouveaux larrons, Maxime et Clément, nous atteignons le lac de Khövsgöl, le pendant mongol du lac Baikal. Ce superbe lac d’eau douce, la  »perle bleue de la Mongolie », est gelé 4 mois par an. Lorsque nous nous y rendons, le soleil brille largement, et le lac est en train de dégeler.

C’est si beau que nous restons 2 jours autour du lac, pour randonner, se baigner et faire une balade à cheval.

Nos fiers destriers nous mèneront jusqu’à un superbe point de vue qui surplombe le lac.

Le soir, c’est feu de bois autour du lac.

Bruncher au Shangri-la 

Avant de prendre le Transmongolien pour aller en Russie, nous profitons d’une dernière soirée tous les quatre à Oulan-Bator dans un karaoké – boîte endiablée. Le lendemain matin, Christopher nous fait découvrir le meilleur brunch d’Oulan-Bator : nappes blanches et buffet à volonté. 

L’après-midi, nous nous promenons dans Oulan-Bator, et posons sous la statue de Gengghis Khan, qui tient une place très importante dans la culture mongole.

De la rue à la bouteille de vodka, le nom du conquérant est apposé partout. 
Avant de prendre le Transmongolien, nous adressons un dernier merci à nos chauffeurs mongols, qui nous ont mené au travers des pistes jusqu’à Oulan-Bator.

Plus on est de fous, moins y’a de riz !

Chine | Du 7 au 27 avril

Prologue : derniers jours au Kazakhstan

Rencontre avec une star d’Instagram
À Almaty, nous sommes hébergées comme des reines par Olga, une Biélorusse expatriée à Almaty. Le chat d’Olga remporte sans conteste le trophée de plus beau chat du voyage. Pour les plus curieux, vous pouvez visiter la page Instagram du chat Mikka.


A la recherche du lac perdu

Avant de franchir la frontière Kazakhstan-Chine, nous voulons voir le lac de Canapi, qui paraît-il est très joli. Hélas, le lac est très isolé. Il se trouve à 10 km du dernier village, au bout d’une route qui ne mène qu’à lui. Seuls quelques touristes s’y rendent l’été  Nous éprouvons alors les limites de l’autostop : aucune voiture ne s’y rend à cette saison, et nous devons piteusement faire demi-tour. Mais nous ne regrettons pas le voyage, car cette région reculée du Kazakhstan est très belle.

Ce soir-là, une averse de neige nous surprend. Heureusement, nous sommes accueillies par Amina et sa famille, et nous prenons des forces avant d’attaquer le passage de la frontière.


Merci Dieu d’être là

Notre dernière voiture kazakhe est une leçon de spiritualité. Le chauffeur et son ami sont deux adorateurs de Dieu et ne cessent de remercier le Créateur. Chaque petit événement est accompagné d’un « Merci Dieu » répété avec insistance. Par exemple, lorsque la roue doit être réparée, nos deux chauffeurs remercient Dieu d’avoir placé un garage cent mètres plus loin, puis s’en vont prier une demi-heure. Nous sommes aussi priées de répéter la formule « Merci Dieu ». Après ce temps de recueillement, nous passons la frontière chinoise sans encombres. 

C’est du chinois tout ça
On était loin de se douter que le simple mot “Faguo” (France) devrait parfois être répété 7 ou 8 fois pour être compris par les Chinois. Autant vous dire que l’on ne s’est pas lancées dans des discussions métaphysiques avec nos chauffeurs.

En revanche, nous avons pu compter sur le langage corporel et sur Google Traduction pour échanger avec eux, et nous avons fabriqué un petit cahier de photos pour expliquer plus en détails notre voyage :

Nos chauffeurs tentent aussi d’enrichir nos discussions par d’autres moyens, mais cela rend parfois les échanges plus pittoresques encore, comme lorsque ce chauffeur tente de nous communiquer quelque chose à propos de la ville d’Urumqi :

Emploi à pourvoir : traducteur anglais-chinois

Les panneaux de sécurité au bord des autoroutes sont souvent traduits du chinois à l’anglais de façon hasardeuse : “Don’t try fatigue driving”, “Don’t drunk and drive”, “Leave phone and drive”. Cela décomplexe lorsque notre “Faguo” reste encore incompris.

Vis ma vie de star

Les Chinois aiment beaucoup prendre les Occidentaux en photo. Au restaurant, dans les bus ou au bord de la route, décoiffées ou mal apprétées, nous avons l’habitude d’être prises en photo. Parfois on nous demande avant, parfois non.

La police, premier employeur du Xinjiang

Nous entrons en Chine par la ville de Horgos dans le Xinjiang. Nous sommes surprises par la quantité de postes de police, placés tous les 100 mètres. Même les stations services sont cernées par des barbelés et gardées 24/24h par des policiers. Tous les parcs de la région subissent le même régime, ce qui complique nos recherches de bivouacs. Nos passeports sont contrôlés plusieurs fois par jour et nous ne sommes pas mécontentes de quitter le Xinjiang pour entrer dans le Gansu. 

Bouddha nous a posé un lapin

Nous avons fui les innombrables barres d’immeubles de Taiyuan pour nous réfugier dans les bras de Buddha. Hélas, le temple du Buddha était fermé quand nous sommes arrivées, et nous nous sommes consolées en posant la tente dans les montagnes environnantes.

J’irai dormir sur la Muraille de Chine
Pendant notre traversée d’Ouest en Est de la Chine, nous avons longé la Muraille de Chine, et l’avons visitée à 3 reprises. 

La première fois, nous visitons l’extrémité Ouest de la Muraille à Jiayuguan.

 

Certains touristes en mal de sensations fortes après la visite culturelle en profitent même pour s’offrir un petit tour de quad au pied de la Muraille.

La deuxième fois, nous nous rendons à Chang Cheng Khou, un petit village longeant la Muraille et traversé par l’autoroute. Sur la recommandation de nos amis Les Pouces en Avant, nous retrouvons le photographe reporter Chen Huai. Ce dernier nous accueille généreusement chez lui et nous emmène en 4×4 visiter la Muraille. Ici, point de touristes car la Muraille n’a pas été rénovée depuis la dynastie Ming (XIV – XVIIème siècle). 

La troisième fois, sur les traces de nos amis Alice et Pierre, nous dégotons une entrée dérobée sur une portion abandonnée de la Muraille et y passons la nuit. La vue est superbe !

Halte à Wuwei (Gansu)

A Wuwei, nous visitons la tombe Lei Tai et le temple de Confucius. 

L’instant Canard WC

Dans l’Empire du Milieu, les latrines sont ouvertes et à ciel ouvert. Chacun s’assied à côté de l’autre, sans démarcation aucune. Un jour, Alix a vu un rat de la taille d’un mulot fureter au fond des latrines. Les mères ont aussi trouvé un moyen ingénieux pour ne pas avoir à laver les culottes de leurs enfants en bas âge : elles découpent littéralement une fente au niveau des fesses, et les laissent à l’air libre.

https://en.m.wikipedia.org/wiki/Open-crotch_pants

Quelques incongruités

Les Chinois ne se coupent pas l’ongle de l’auriculaire. Les routes en ville sont arrosées par des canons à eau. Les Chinois mettent des photos de petits déjeuners français dans les restaurants. Ils font de la danse chinoise à 5h du matin dans les parcs. 

Emplois fictifs

On ne sait pas non plus pourquoi des agents en uniforme sont employés pour balayer l’autoroute ou lever la barrière à l’entrée des stations essence.

En Chine, on se lèche les babines
Très accueillants et généreux, les Chinois nous ont souvent invitées au restaurant. Les mets délicieux sont disposés sur une table en verre tournante que chacun des convives  fait tourner pour piocher dans les plats.

De temps en temps, nous n’arrivont pas à identifier ce qui se trouve dans nos assiettes.


Ici, une tête de poulet que nous avons sagement laissée à notre hôte :

Mais il faut rendre justice à la cuisine choinoise : nous nous sommes régalées tous les jours, et avons été étonnées par la variété et la qualité des mets chinois. Raviolis, soupes, nouilles, légumes, c’est la fête dans nos assiettes.

Attention tout de même à ne pas trop abuser des bonnes choses, vous pourriez vous transformer en Chinois…

Alix en a fait les frais…

Paris-Pékin

Nous arrivons avec émotion à Pékin, la ville la plus à l’Est de notre voyage en autostop. Nous avons la chance de visiter la capitale chinoise sous un ciel radieux en compagnie de notre hôte Wayne et de Zying. 

Le premier jour, nous nous perdons dans les Hutongs (les ruelles historiques) puis nous baladons autour de la Cité Interdite et de la place Tian’Anmen. 

Le lendemain, nous prenons un cocktail sur le toit-terrasse la plus haut de Pékin pour admirer la vue sur les gratte-ciels. Notre budget pour 3 jours y passe.

Entrée en fanfare en Mongolie sans guitare

Après le premier poste de police à la frontière Chine – Mongolie, nous réalisons que nous avons oublié la guitare dans notre dernière voiture chinoise. Ni une ni deux, nous faisons demi-tour avant qu’il ne soit trop tard, sous les yeux ébahis des militaires qui pensent que nous n’avons pas le visa mongol. Nous passons ensuite la soirée à essayer de contacter le chauffeur dont nous avions, par chance, enregistré le numéro. Malheureusement ce dernier tarde à répondre et l’espoir faiblit tandis que Maëlle prend des billets de retour, « Sans guitare, le voyage ne rime à rien ». 

Finalement, nous retrouvons l’instrument tant chéri après bien des difficultés pour se faire comprendre. Nous passons la frontière mongole le lendemain, guitare en mains !

Des hauts et des bas reliefs en Asie centrale

Azerbaïdjan – Kazakhstan – Kirghizistan

Azerbaïdjan | Du 13 au 16 mars

La traversée express de l’Azerbaïdjan 

Malheureusement, nous ne restons que deux jours en Azerbaïdjan, le temps d’admirer les photos flatteuses du président qui ornent chaque rond-point, et d’être accueillies par une famille azerie très sympathique. 

Si ce séjour est si court, c’est que nous prenons très vite un bateau pour le Kazakhstan. En effet, à défaut d’avoir obtenu le visa turkmène, nous décidons de traverser la mer Caspienne à bord d’un ferry.

Les Azéris se renvoient la patate chaude

Alors qu’un cyclotouriste anglais, Tom, attend depuis cinq jours qu’un ferry parte pour Aqtaou, au Kazakhstan, nous avons la chance d’attraper un ferry le jour-même. Mais cela ne se fait pas sans peine : nous allons d’abord dans la ville portuaire d’Alat, pour s’entendre dire que les ferries en partance d’Alat ne prennent aucun touriste et qu’il faut se rendre à Bakou, la capitale azérie. Qu’à cela ne tienne, nous enchaînons avec 70km d’autostop pour atteindre Bakou. Là, l’employée du port nous assure qu’aucun ferry en partance de Bakou ne prend de touristes, et qu’il faut se rendre à Alat. Malgré ces informations contradictoires, nous gardons espoir, achetons nos billets et filons pour Alat. Les gardiens du port d’Alat tentent d’abord de nous renvoyer vers Bakou, mais changent de discours dès lors qu’ils voient nos billets. Nous pouvons enfin entrer dans le port et attendre le ferry qui ne partira finalement que le lendemain soir. 

Elephant woman

Nous sommes arrivées à bon port, mais il faut encore attendre le ferry. Nous passons la nuit dans le restaurant en pré-fabriqué du port, en compagnie de Tom et des conducteurs de camion. L’attente s’annonce longue, et à défaut de connaître l’heure d’embarquement, nous installons nos tapis de sol au fond du restaurant pour piquer un somme.

Vers 5h, une sensation de léger gonflement à son oeil droit réveille Maëlle. En se redressant, elle tombe nez à nez avec la figure horrifiée du cuisinier du restaurant. 

Craignant que les choses n’empirent, nous décidons alors d’appeler un docteur qui viendra en ambulance quelques minutes après. Le docteur en question prescrit aussitôt une bonne grosse piqûre. A la vue de la seringue datant de l’ère soviétique, Maëlle change d’avis, et l’oeil dégonfle presque instantanément. Nous finissons alors notre nuit et embarquons quelques heures plus tard.

Une traversée pas trop casse-pieds

Cette fois-ci, point de camions, mais des wagons de pétrole à bord du bateau. En 24h, nous arrivons au Kazakhstan sans encombre. 

Kazakhstan | Du 16 au 26 mars et du 2 au 6 avril


Première nuit kazakhe face à la mer

Débarquées au milieu de la nuit, nous nous rendons sur une plage avec Tom pour y planter nos tentes. Le lendemain, Tom s’en va sur son vélo tandis que nous émergeons de nos duvets. 

C’est long et c’est plat

L’Ouest du Kazakhstan est désertique. Nous passons une semaine dans le paysage le plus plat que nous n’ayons jamais vu. Au loin, des plaines, du sable, des toilettes et parfois des troupeaux de dromadaires qui traversent la route. 

Quant aux routes, elles sont si mauvaises qu’il nous faut parfois plus de 4h pour faire 100km. Sur la route d’Aktioubé, au nord du pays, une tempête de neige bloque notre progression pendant plusieurs heures. Et parfois, le brouillard empêche toute visibilité. 

L’avantage du désert, c’est que nous avons assez d’espace pour planter la tente. 

Et lorsqu’il fait trop froid, nous pouvons toujours compter sur l’hospitalité et la gentillesse des locaux, comme ici à Aktioubé :

Un avant-goût du Kirghizistan
En quittant Aktioubé, l’autostop s’annonce difficile, car il fait -13 degrés et les bourrasques de vent sont particulièrement froides. Nous finissons par accoster directement les chauffeurs dans une station-service, et trouvons un convoi de camions kirghizes qui accepte de nous mener jusqu’à Aralsk. La route étant longue, nous passons la nuit à l’arrière de l’un de leurs camions.


Aralsk et la mer disparue

Nous faisons une halte à Aralsk (Арал) et constatons tristement combien la disparition de la mer d’Aral affecte la ville. Aralsk elle-même semble s’enfoncer dans le sable.

L’architecture de la ville rappelle son passé de grande cité portuaire.

Le soir-même, il pleut à verse, et nous trouvons un abri à l’intérieur même d’une banque.


Notre ami l’autostoppeur

A Koulsary, une surprise nous attend dans un petit restaurant au bord de la route. Nous rencontrons notre premier autostoppeur du voyage, Youri, un Ukrainien parti faire (littéralement) le tour du monde en stop pour une période indéterminée et sans argent. Il joue du djembé pour gagner le gîte et le couvert. 

Kirghizistan | Du 26 mars au 2 avril

Un accueil lénifiant

Juste après le passage de la frontière Kazakhstan-Kirghizistan, nous découvrons une tête de Lenine taillée dans la pierre. Impressionnant !

Une police pas très polie

Premier jour au Kirghizistan, nous marchons tranquillement le long de la route à Tallas lorsqu’une voiture de police banalisée s’arrête à notre niveau. Les policiers nous demandent alors d’un ton pressant si nous détenons des livres dans nos sacs à dos. Un peu perplexes, nous répondons non. Ils feuillettent vaguement nos passeports, puis redémarrent en trombe. 

Nouvel épisode avec la police à Baliktchy : cette fois, un policier nous demande s’il y a des bombes dans nos sacs à dos !

Le retour des montagnes 

Après le désert kazakh, nous sommes ravies de retrouver un peu de relief. Sur la route de Bichkek, nous passons le col de Sussamyr (Суусамыр) en compagnie d’un éleveur de chevaux kirghize et de ses quatre neveux et nièces.


De la toile de tente aux boules à facettes

Maëlle connaît bien Bichkek, la capitale du Kirghizistan, puisqu’elle y a travaillé 3 mois l’année dernière. Nous retrouvons à Bichkek toutes ses copines kirghizes et logeons chez l’une d’entre elles, Mayram. Ses parents nous adoptent instantanément et sont aussi inquiets que les nôtres concernant notre voyage !

 Pour sortir dans les bars branchés de la capitale, nous troquons nos chaussures de marche contre les talons de la mère de Mayram.


Avez-vous déjà mangé une carte ? 

Nous, oui. Dans un bar de Bichkek, les serveurs ont l’audace d’offrir aux clients une pizza en forme de Kirghizistan. Dommage que les montagnes n’aient pas été en relief.

Ambiance sulfureuse à Issyk Ata

Entre deux arrêts à Bichkek, nous faisons un saut à Issyk Ata, pour nous prélasser dans les sources chaudes de la ville. La piscine est bordée par les montagnes encore enneigées, et l’eau est à 30 degrés. Royal !


Issyk Kul, c’est cool

Après Issyk Ata, nous nous rendons au lac d’Issyk Kul. Ce lac, le plus grand du Kirghizistan, est salé et ne gèle donc jamais. Nos lecteurs linguistes pourront en déduire qu’Issyk signifie « chaud » en kirghize. Le soir, nous logeons dans la ferme de Toulgan, qui élève ses vaches et ses moutons et nous fait goûter ses délicieux produits faits maison. 

Le lendemain, nous trouvons une petite plage déserte au bord du lac. L’eau turquoise et les montagnes qui la cernent sont si belles que nous choisissons de rester là pour la journée. Baignade dans le lac, puis cuisine au feu de bois. Les pâtes cuites dans l’eau du lac bouillie se révèlent très goûtues, quoiqu’un peu salées.

Prochain épisode

Nous partons demain matin d’Almaty, direction la Chine. On espère arriver à pied là bas… !

On a mis les voiles

Iran | Du 21 février au 13 mars

Prologue : dernier jour en Arménie 

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Dernière goutte d’alcool et dernière vague de froid
Notre dernier jour en Arménie est particulièrement glacial. La veille au soir, nous avons heureusement trouvé refuge dans la guérite d’un gardien d’église à Artashat. Mais au petit matin, nous ne sommes pas au bout de nos peines : il fait – 21 degrés et nos cheveux gèlent en quelques secondes.

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Par chance, nous n’attendons pas bien longtemps notre première voiture. Gevorg, notre chauffeur, est le patron d’une fabrique de cognac. Sans nous consulter, il nous emmène dans son usine prendre un petit-déjeuner fortifiant suivi d’une dégustation de cognac tout aussi fortifiante.

En nous raccompagnant, il nous offre à chacune une bouteille de son précieux cognac. Nous nous empressons de trouver une poste pour envoyer le tout avant d’entrer en Iran, où l’alcool est interdit.

Parées pour l’Iran
Le passage de la frontière entre l’Arménie et l’Iran est des plus dépaysants : en un jour nous gagnons 40 degrés. Les montagnes enneigées laissent place au désert de sable, tandis que nos bonnets sont vite remplacés par le hijab. 

Keshmesh et Tourmeh
En Iran, chacune de nos courses est accompagnée d’une tasse de thé, de raisins secs (keshmesh) et de graines de tournesol (tourmeh) dont on a compris trop tard qu’il ne fallait pas manger la coque. Nous profitons en même temps des magnifiques paysages de montagne et de désert que traversent les routes iraniennes.

L’autostop ne semble pas très répandu en Iran : de tous nos conducteurs Iraniens, seul un en connaissait le concept. Pour nous épargner d’interminables conversations mimées, Fatemeh, l’une de nos hôtes, nous rédige un petit texte explicatif en farsi, que nous montrons aux chauffeurs qui s’arrêtent.

Toit toit mon toit
À Yazd, notre ville préférée, nous demandons aux habitants si nous pouvons poser la tente sur leur toit. Une famille accepte de nous ouvrir sa porte et nous nous retrouvons sur un toit avec une vue au-delà de nos espérances sur la mosquée de Yazd.

Le lendemain, nous retentons l’expérience à Kashan, mais nos recherches ne s’avèrent pas aussi fructueuses : Vazihah, une jeune Afghane, nous offre d’abord son toit pour la nuit. Le campement installé, nous sommes malheureusement contraintes de plier bagage, car la famille de Vazihah redoute trop les réactions du voisinage. Nous relançons donc nos recherches et tombons sur une famille iranienne très aisée. Nous remontons la tente sur leur toit et nous apprêtons à dormir, mais le père de famille, de retour du travail,  insiste à tout prix pour nous faire dormir dans le salon. Il ne comprend pas que nous puissions préférer dormir sur son toit avec la vue sur Kashan. Devant son insistance, nous finissons par céder. La tente est défaite pour la deuxième fois de la soirée.

Tehran by night
A Tehran, nous retrouvons les deux Iraniens que Maëlle avait accueillis à Paris pour le nouvel an, Erphan et Mehdi. Ils nous font découvrir Téhéran de nuit.

Pique-nique bucolique
Erphan, notre ami iranien, nous emmène en voiture faire un pique-nique à l’iranienne sur la route de Chaloos : kebab-barbecue, yaourt à boire (dough) et crudités agrémentent ce délicieux déjeuner dans les montagnes.

Des hooligans à Teheran
Chez Mehdi, c’est soirée foot. Au programme, le match PSG-Barça. Nous voyons le PSG prendre la piquette, et à défaut de bière, c’est dans le thé que nous trouvons le réconfort. 

La maison rouge
A Chaloos, nous rencontrons Mohammad Ali, notre premier chauffeur francophone du voyage. Professeur de droit international à l’université de Teheran, Mohammad Ali vient d’acheter une petite maison rouge pré-fabriquée qu’il s’apprête à poser sur son terrain, la « earth » comme il l’appelle. En attendant, la maison rouge repose sur le trottoir d’en face, et nous avons le privilège de pouvoir y poser la tente le soir même.

L’échec du visa turkmène
Notre itinéraire a bien failli changer : nous avons décidé de demander le visa de transit turkmène pour rejoindre le Kazakhstan par la terre, plutôt que de passer par la mer Caspienne. Il s’en est fallu de peu pour que nous puissions traverser la dictature qui refuse plus de visas touristiques que la Corée du Nord : après deux semaines d’attente, notre visa de transit est refusé. A défaut de pouvoir vous présenter des photos du Turkménistan, voici une sélection de photos affichée dans son ambassade à Teheran :

La nuit dans un village avec Bibi
A Persepolis, nous rencontrons Sadegh,  qui nous invite chez sa soeur Sahar à Marvdasht puis chez sa grand-mère Bibi. Celle-ci habite un petit village de quelques maisonnées sommaires, perdu dans les montagnes. Nous y passons la nuit, pour y déguster un kebab cuit au feu de bois par Bibi et jouer avec Sadegh, Sahar et son mari Ali au shifumi local « Mir, Sepaye, Patou » .

Pour finir, voici une sélection de photos des amis iraniens rencontrés sur la route. Un grand merci pour leur hospitalité et leur générosité sans faille !

Pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus par l’Iran, ci-dessous quelques photos :

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Et enfin, pour vous donner l’eau à la bouche, voici des tablées à l’iranienne et leurs mets délicieux :

Nous voici désormais au Kazakhstan, on vous raconte très vite l’Azerbaïdjan et la traversée en bateau de la mer Caspienne !

Du froid

Géorgie | Du 1er février au 10 février

Passer la nuit chez un prêtre orthodoxe
À peine débarquées du port sous une averse de neige, nous cherchons vite un abri pour la nuit et frappons à la porte d’un monastère. Là, nous sommes accueillies à bras ouvert par un prêtre orthodoxe (un « Mamao ») et ses jeunes disciples. Ils nous offrent avec bonté non seulement un toit pour la nuit, mais aussi une visite de la ville et un copieux dîner.

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L’autostop en Géorgie
À deux reprises, nos chauffeurs ont refusé que nous reprenions la route et ont insisté pour nous déposer dans une marchroutka (mini-bus local), pour nous éviter d’avoir à refaire du stop.

L’oisillon grillé, l’ami du petit-déjeuner
Invitées à passer la nuit chez nos chauffeurs, Mamouka et Merabi, nous avons eu le plaisir de goûter au petit-déjeuner local : les oisillons grillés qu’ils avaient fusillés la veille. Bon appétit bien sûr !

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Demander un renseignement et finir attablées
À Tbilisi, capitale de la Géorgie, nous repérons une maison vide et demandons aux voisins s’il est possible d’y poser la tente pour la nuit. Ni une ni deux, Roza, la voisine en question, nous invite chez elle et nous cuisine un délicieux khatchapuri.

Nos noces de paillettes
Pour fêter notre premier mois de voyage, nous gravissons le mont Mtatsminda qui surplombe Tbilisi et passons la nuit à admirer les lumières de la ville.

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Retour sur les bancs de l’école
À la faveur d’une rencontre avec une professeure d’anglais sur le mont Mtatsmundi, nous nous sommes retrouvées le lendemain à prendre le thé dans une école allemande en compagnie de professeurs de japonais.

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Les bains publics de Tbilisi
Nous avons profité des sources chaudes naturelles de la ville dans le plus simple appareil. Une expérience bien locale durant laquelle nous nous sommes délassées paresseusement dans un jacuzzi.

Des cadeaux difficiles à interpréter
Nous nous sommes vues offrir un paquet de chewing-gum mentolé par la cliente d’un magasin et avons été aspergées d’eau de Cologne par l’un de nos chauffeurs. Ce n’était pas faute de s’être lavées la veille dans les bains publics de la capitale géorgienne.

Une station de ski huppée
À Gudauri, nous nous sommes promenées sur une piste de ski pleine de skieurs russes fortunés, pendant que nos conducteurs techniciens, Ako et Levan, installaient le wifi dans un hôtel.

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À la découverte des danses et vins locaux
Invitées le soir chez Ako et Levan, nous avons assisté à une démonstration de danse géorgienne spectaculaire tout en dégustant vins et mets locaux. En nous quittant, Ako insiste pour nous offrir un bon litre et demi de vin fait maison, qu’on aura transporté jusqu’en Arménie.
Pour ceux que cela intéresse, nous vous invitons chaudement à visionner une vidéo de danse géorgienne ici !

Le lac Bazaleti : un avant-goût du lac Baïkal
En Géorgie toujours, nous découvrons par hasard le lac gelé de Bazaleti, sur lequel nous marchons dans une ambiance surréaliste.

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La frontière fantôme
Nous avons attendu le passage d’une voiture pendant plusieurs heures à quelques dizaines de kilomètres de la frontière arménienne. Pour nous épargner une attente dans le froid, des policiers nous ont invitées à guetter le passage des voitures depuis le commissariat au bord de la route.

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Arménie | Du 10 février au 20 février

Une météo au delà de nos attentes
En franchissant la frontière, nous ignorions tout de la rudesse des hivers arméniens : en dix jours, aucune température positive, des chaussures gelées au sortir de la tente, des routes nationales bloquées et de la neige à perte de vue. Mais cela ne nous a pas empêchées de découvrir quelques joyaux de ce beau pays.

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C’est beau mais c’est froid
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Le monastère de Noravank
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Mother of Armenia, Erevan

Soirée Filipino
En quittant Noravank, un taxi de touristes philippins nous conduit jusqu’au village suivant. Autour d’un dîner tous ensemble, nous nous remémorons toutes les deux nos expériences respectives aux Philippines. Quant à nos amis philippins, c’est en Arménie qu’ils ont vu la neige pour la première fois.

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À quand le pape ?
Après la nuit chez un prêtre en Géorgie, nous trouvons un logis auprès d’un évêque arménien, qui nous offre aussi une pizza et des salades pour le dîner.

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Un Américain à Vardenis
Nous logeons deux nuits chez Mark, un Américain professeur d’anglais volontaire à Vardenis. Nous en profitons pour cuisiner des crêpes bien de chez nous.

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Home Sweet Home
Pour se tenir abritées de la neige, nous trouvons toutes sortes d’endroits très coquets, où nous passons des nuits fort confortables.


Enfin, impossible de finir de cet article sans faire mention de la générosité et de l’hospitalité de toutes les personnes que nous avons rencontrées. La bonté des Géorgiens et des Arméniens a rendu ce séjour dans le Caucase encore plus inoubliable !

 

La Mer Noire, c’est pas la mer à boire

Burgas – Batoumi | Du 27 janvier au 1er février

La croisière s’allonge
Nous pensions naïvement que cette traversée de la Mer Noire devait durer 2 jours, mais c’était sans compter sur les conditions météorologiques du port de Batoumi. Le ferry reste bloqué 2 jours supplémentaires car le port, à 3 km de là, est bloqué par la neige. Et pendant 2 jours, lorsque nous cherchons à savoir quand le ferry sera en mesure d’entrer en Géorgie, nous obtenons pour toute réponse : « Maybe tonight, maybe tomorrow ». Nous avons donc le temps d’observer la Géorgie depuis notre bateau :

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Activités manuelles et artistiques incluses à bord
Pendant l’attente, nous perfectionnons notre spectacle musical et notre vibrante interprétation de « Siffler sur la colline » de Joe Dassin.

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En prévision des jours froids à venir, on essaie aussi de fabriquer un réchaud artisanal à l’aide d’une canette. Mais on n’a pas réussi.

Ami-amies avec le capitaine
Seules touristes à bord au milieu des chauffeurs de camion, Capitaine Drajna nous prend sous son aile. Au menu : dégustation de grands crus bulgares, accès privilégié à la cabine de pilotage du bateau avec tout l’équipage, et offres d’emploi en tant qu’hôtesses sur le ferry.

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Deux moussaillons et un capitaine

Objectif : obésité
En pension complète, nous avons pu bénéficier de nombreux repas, à raison d’un menu entrée-plat-dessert toutes les 3 heures. Nous avons donc mangé autant en 4 jours de bateau qu’en 2 semaines d’autostop.

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ERRATUM : toutes nos plus plates excuses aux lecteurs assidus qui ont relevé l’erreur dans l’orthographe du mot « cariatides » dans notre dernier article.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cariatide

D’un ferry à l’autre

Patras – Burgas | Du 17 au 27 janvier

Après ces dix derniers jours passés en Europe, et avant d’entrer en Asie, voici un passage en revue de quelques moments marquants !

Un calendrier maîtrisé
De l’avis de tous nos conducteurs grecs et bulgares, l’hiver 2017 est le plus froid depuis plus de 20 ans : l’an dernier à la même période le thermomètre affichait 10 degrés de plus. Nous allons investir dans une chapka plus tôt que prévu. Cela ne nous empêche d’apprécier les beaux levers de soleil au sortir de la tente.

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Notre première nuit en Grèce
Un paysage magnifique, mais une nuit troublée par les aboiements des chiens.
Votre avis nous intéresse : si vous savez comment faire définitivement taire des chiens errants, nous sommes tout ouïe.

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Après cette première nuit, nous avons passé deux jours dans la capitale grecque. Un grand merci à Myrto et à sa mère Christine pour leur formidable accueil à Athènes.

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À la rencontre des dieux grecs
Notre séjour en Grèce a été divin.
Sous un soleil radieux, nous avons d’abord visité l’Acropole à Athènes et salué les cariatides du temple d’Athena.

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Sous la neige éblouissante, nous nous sommes ensuite approchées de la demeure des dieux en gravissant le Mont Olympe.

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Le cadeau le plus désintéressé
A Lamia, nous entrons dans une pâtisserie pour demander notre chemin. Le propriétaire ne parlant pas un mot d’anglais, la communication s’avère difficile. À défaut de pouvoir nous renseigner, il nous donne un sachet rempli de pâtisseries grecques que nous dégusterons tout au long des deux jours suivants.
Ces pâtisseries s’accorderont à merveille avec les deux litres de lait qu’un chauffeur laitier nous offre quelques heures plus tard. Cela égaie en outre nos petits déjeuners habituellement constitués d’eau et d’avoine.

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Un hébergement 5 étoiles
A Nea Zichni, nous sommes fières d’avoir relancé l’activité du local de karaté du village, reconverti en litière géante depuis plusieurs décennies. Nous avons laissé notre odorat aux portes du local et posé la tente dans ce royaume félin.

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Un portable miraculé
Au moment de dire au revoir à l’un de nos chauffeurs, nous voyons le portable d’Alix tomber de sa poche et glisser sous la roue du camion de 45 tonnes. Le camion démarre, mais nous sauvons le portable de justesse.

Notre inséparable chauffeur
Au petit matin, Santi accepte de nous conduire à Drama, à 100 km de Nea Zichni.
Au fil de la discussion, nous comprenons que Santi se rend chez lui à la frontière greco-bulgare, que nous sommes censées atteindre le lendemain. Nous l’accompagnons donc tout au long de cette journée de conduite : courses au supermarché de Drama pour sa fille étudiante, pause café chez son ami d’enfance à Komotini, passage à l’hôpital d’Orestiada pour récupérer des analyses et enfin conférence d’un de ses amis universitaire. Enfin, pour nous éviter une nuit dans la neige, Santi nous loge dans son hôtel fermé l’hiver.

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Le plus long détour
L’auto-stop marche plus que jamais en Bulgarie. À bord de sa Ferrari de contrefaçon, notre chauffeur Christomene n’hésite pas à faire plus de 60 km de détour pour nous déposer à notre destination finale, Burgas. Là, nous recevrons l’accueil merveilleux de Bogi et de sa famille.

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Bon plan de la semaine
Marre de payer votre essence au prix fort ? Rendez-vous en Bulgarie, où vous pouvez acheter des bidons d’essence à moitié prix dans des stations service factices.
Ici la pompe est superflue : l’or noir est versé à même le bidon dans le réservoir de la voiture.

Graines de star
Nous avons hésité à tout plaquer pour nous lancer dans une carrière artistique à Burgas.  Durant notre séjour chez Bogi, nous nous sommes rendues dans un karaoké où nous avons chanté devant un public déchaîné.

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Bon appétit bien sûr !
À Burgas s’est déroulé notre premier atelier cuisine et nous avons ainsi collecté notre première recette du voyage : le баница (« banitsa »), pain bulgare feuilleté au fromage (et à l’huile). Un régal !

Prochaine étape : le ferry sur la Mer Noire pour atteindre la Géorgie !

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Tous les chemins mènent à Brindisi

Paris-Brindisi | Du 8 au 16 janvier

A l’heure d’embarquer sur notre ferry pour Patras en Grèce, il est temps de vous donner un aperçu de cette première semaine.

Après un départ matinal depuis la Place de la Nation (Paris), nous avons atteint le talon de la botte italienne. Quelques statistiques à se mettre sous le pouce : plus de 2200 kilomètres en autostop, au moins 10 heures d’attente le pouce levé, 30 généreux chauffeurs et autant de précieuses rencontres. Ci-dessous quelques épisodes marquants.

Bonne nuit les petits
Chaque nuit a apporté son lot de découvertes : une première nuit à Lyon chez Baptiste et Fabienne a placé le voyage sous les meilleurs auspices. Nous nous sommes régalées d’une raclette, et Maëlle a été sacrée reine de la galette.

Notre étape à Marseille nous a laissé entrevoir le mirage d’un éternel été dans le Sud. Illusion très vite levée dans les jours qui ont suivis :

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Notre couchsurfing à Pise chez Ali a confirmé notre attirance pour l’Iran : originaire de Gorgan, dans le Nord du pays, Ali a parfaitement illustré l’hospitalité du peuple iranien. Ali خیلی ممنون !

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Notre tente a été notre refuge lors des autres nuits : face à la mer, elle a résisté à un typhon force 8 à Santa Marinella.

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Dans les bois, sous le soleil couchant de la banlieue de Rome :

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La nuit dernière, nous nous sommes passées des services de notre tente et avons élu domicile derrière les étagères d’une station service. Au petit matin, l’employé de la cafétariat pris de pitié à la vue de nos sachets de café solubles (un affront dans le pays de l’espresso) nous offre un petit-déjeuner gourmand : cappuccino bien chaud et croissant au Nutella. Un délice ! Ce même employé, très attentif à notre bien-être, nous avait réveillées à 4 heures du matin en vociférant « Brindisi Brindisi » : il nous avait dégoté un chauffeur qui s’y rendait au beau milieu de la nuit.

A chaque conducteur sa manière de conduire
La palme de la plus grosse contravention évitée revient à Antonio et Sabino. Nos discussions allant bon train, notre chauffeur loupe l’entrée de l’aire d’autoroute et entreprend de rentrer par la sortie sous l’œil des policiers malheureusement présents. Les négociations avec eux portent leurs fruits puisqu’Antonio évite de justesse 4000€ d’amende et un retrait de permis.

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Fast and furious avec Sabino et Adriano

L’auto-stop ou l’art de garder espoir
Un chauffeur a sans doute pris peur face à notre enthousiasme débordant puisqu’après avoir accepté de nous conduire, celui-ci déguerpit alors que nous courrons récupérer nos sacs.

L’instant petit gourmet
Les souvenirs des copieux repas de Noel sont bien lointains :  nous retrouvons le goût des choses simples et nous régalons de pain rassis et de croûtes de fromage.

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Un cadeau insolite
En quittant la ville de Gaeta, deux Tunisiens vendeurs de carottes acceptent de nous conduire jusqu’en banlieue de Naples. Nous sommes d’abord perplexes à la vue des deux bottes de carottes au fond du coffre, songeant que la marchandise est bien maigre. Mais notre chauffeur dément rapidement en nous montrant fièrement des vidéos de sa gigantesque plantation de carottes. Il insiste même pour nous offrir les dites-bottes au moment de nous quitter !

Prochain épisode : traversée de la mer Adriatique pour atteindre Patras. On espère n’être pas trop patraques sur le ferry.

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C’est parti !

Le 8 janvier marquera le premier jour de notre voyage à travers l’Europe et l’Asie. Sac au dos, nous sommes fin prêtes à traverser aussi bien les steppes mongoles que les mers déchaînées ! Nous partons demain pour Lyon, avant de faire un saut chez la famille suisse. On se retrouve très vite pour vous raconter nos premières péripéties.

A plus dans le bus !

Maëlix